Les méthodes de
lecture et les faiblesses sous-jacentes
Les méthodes de lecture ne sont pas conçues notamment par rapport à l’organisation et au fonctionnement des mots écrits et, de ce fait, les enfants ont du mal à reconnaître les mots écrits et à les lire et à comprendre ce qu’ils lisent.
Pour résumer, la conception des méthodes de lecture n’est pas adaptée à la manière dont le français écrit, le cerveau et la pensée fonctionnent.
Les résultats de
l’apprentissage de la lecture du français sont à l’image des faiblesses que
recèlent les méthodes de lecture.
Outre les acquis des travaux scientifiques, une comparaison avec les résultats
du modèle pédagogique finnois permet de mesurer les insuffisances majeures du
modèle pédagogique français de la lecture.
La différence, nettement marquée par les performances des enfants (1), se situe
en amont au niveau de la conception et, plus précisément, au niveau de la
conception du contenu des savoirs à transmettre afin de faire acquérir les
connaissances et les compétences requises pour la lecture.
Des connaissances et des compétences précises sont indispensables pour lire convenablement des mots écrits tels que « resserrement », « enseigner » ou des expressions telles que « saucissons secs ». Les méthodes de lecture n’y parviennent que difficilement dans le meilleur des cas et de façon un tantinet intuitive, et la preuve en est que peu de lecteurs sont capables de rendre compte de leurs prononciations au reste parfaitement correctes. C’est cela qu’une pédagogie bien réfléchie et mise en œuvre doit pouvoir réussir à changer. Cette pédagogie est centrée sur le mode de fonctionnement du français écrit et du cerveau et sur le principe de l’apprentissage même.
On peut le constater, il s’agit, contrairement aux pratiques des méthodes de lecture dans leur quasi-totalité, d’une pédagogie basée sur la langue française écrite et non sur la langue parlée qui fait par ailleurs appel de façon non pertinente à la phonétique et à la phonologie. Les erreurs des méthodes de lecture débutent par la centration de l’enseignement sur le français oral entraînant l’introduction indue de la phonétique et de la phonologie dans la langue qui n’en a point besoin par rapport à son système d’écriture qui n’est ni phonétique ni phonologique. L’enseignement et l’apprentissage de la lecture s’exercent nécessairement sur la manière dont la langue est écrite ou sur l’orthographe ; en conséquence, les méthodes de lecture doivent se concevoir et se construire sur le système d’écriture de la langue ou du français écrit et, plus exactement, du mode d’organisation et de fonctionnement du français écrit, au regard des mécanismes cérébraux et cognitifs.
Les sources de difficultés des
méthodes de lecture peuvent se résumer en deux points principaux :
1) La langue française est transcrite par les lettres de l’alphabet ; or, les
méthodes de lecture n’enseignent pas les lettres de l’alphabet. C’est la
première grosse erreur au regard de la nature et du fonctionnement d’une langue
humaine écrite en linguistique générale ainsi que du cerveau en neuroscience.
2) Les lettres de l’alphabet du français se prononcent suivant le contexte et la
position, et les méthodes de lecture ne tiennent pas compte de cette propriété.
C’est la deuxième grosse erreur commise.
Il s’ensuit des résultats très approximatifs de l’apprentissage de la lecture.
La solution pertinente doit passer par l'élimination de ces sources.
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(1) Le mot écrit, signe linguistique et unité minimale de
signification de la communication écrite, n’est pas un obstacle à la lecture et
à la compréhension chez les enfants finlandais alors qu’il en constitue un chez
les enfants français. A l’inverse de ce qui se passe chez les enfants
finlandais, les mots ne sont pas et ne peuvent pas être systématiquement
reconnus et lus exactement et instantanément chez les enfants français.
Les difficultés de déchiffrage des mots, des phrases et des textes
caractéristiques des méthodes de lecture affaiblissent la compréhension du sens
de la lecture chez les enfants.